Le 1er Novembre, en Colombie on célèbre la mort du système de santé

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3 novembre 2013

Le 1er Novembre, en Colombie on célèbre la mort du système de santé

Un peu partout dans la ville des bougies s’allument en l’honneur du système de santé Colombien qui malade depuis longtemps a été achevé par le virus de la réforme.

Avant-hier, un défilé de blouses blanches m’a bloqué l’accès au travail alors que je m’y rendais en vélo. J’en ai alors profité pour jouer à la curieuse. Que se passe-t-il ? Pourquoi un tel grabuge ?

C’est à cause de la réforme, me répond-on.

Je n’étais pas au courant, comme beaucoup, j’apprends alors que le service de santé va empirer. Mais dans quel sens peut-il être pire ?

Pour faire un point, le système de santé en Colombie bénéficie d’une sécurité sociale que l’on cotise auprès d’entreprises privées qui ont des contrats avec les hôpitaux, médecins etc. En cas d’accident on ne se rend pas à l’hôpital le plus proche mais à celui qui a un contrat avec son entreprise de cotisation. Cela mène à des situations assez absurde comme une personne dans un bus qui perd connaissance, le bus l’emmène à l’hôpital mais doit faire 3 fois le tour de la ville pour trouver le centre de soin qui accepte son affiliation de santé. Adoptant une logique économique ces entreprises remboursent certains soins pendant un temps limité même si la maladie perdure, elles acceptent certaines maladies et pas d’autres dans leur contrat de remboursements etc.

On peut attendre plus d’une heure pour qu’une ambulance arrive, beaucoup meurent entre temps (il n’y a pas de service de pompiers comme en France, ici leur fonction se limite à stopper les incendies). Le remboursement des soins n’est jamais à 100% et le patient doit apporter une partie financière.

La réforme va apparemment renforcer ce système en délégant plus de pouvoir et de fonctions aux entreprises de santé. J’avoue que je n’ai pas bien compris de quelle manière. Ce qui est sûr c’est que tout le personnel médical et les étudiants du domaine de la santé sont d’accord pour témoigner leur mécontentement et réclament une réforme qui ouvre la santé à tous avec une garantie d’accès au soin qui n’est plus à l’ordre du jour depuis longtemps. Alors si on veut éviter comme une personne que j’ai rencontrée qui a préféré aller à pied jusqu’à l’hôpital en maintenant son sang de couler avec la main que de crever en attendant l’ambulance il va bien falloir trouver une solution.

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